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Nouvelles de ClubLink

TROPHÉES ET SOUVENIRS

28 AUG 2019

Le Circuit de la PGA vient de clore sa saison et, avant que la prochaine ne débute, revenons un instant sur certains faits saillants et bons moments de 2019

Par Peter Mumford

Trophée «Feuille d’érable»

La victoire de Corey Conners à l’Omnium Valero du Texas pourrait suffire à boucler le tour d’horizon du golf canadien pour l’année, mais notre Omnium canadien RBC a aussi offert de beaux moments aux amateurs de golf du pays. À commencer par l’annonce de la toute première escale en sol canadien de Rory McIlroy. L’Irlandais du Nord n’a pas déçu ses admirateurs, alors qu’il a littéralement embrasé le parcours du Hamilton Golf & Country Club avec un cumulatif de 22 sous la normale, dont une ronde finale de 61, pour une victoire décisive par sept coups de mieux que le reste du peloton. McIlroy a même profité de son passage dans la région de Toronto pour assister à un match d’éliminatoire des Raptors. L’autre bon moment a été la qualification de son concitoyen Graeme McDowell pour l’Omnium britannique dans sa ville natale de Portrush. McDowell a réussi un coup roulé de 25 pieds en descente avec déviation sur le 72e trou pour se classer 8e à égalité et obtenir son billet à destination du Royal Portrush. Finalement, avec tous ces Irlandais en vedette, on aurait peut-être dû appeler ça le «Trophée trèfle».

Trophée «Qualifié du lundi»

Chaque année, sur le Circuit de la PGA, il y a des golfeurs qui se qualifient le lundi d’un tournoi assez souvent pour gagner assez d’argent pour se classer dans le top 125 et ainsi obtenir un laissez-passer en vue de la saison suivante. À l’Omnium Valero du Texas, en mars, le Canadien Corey Conners s’est ainsi qualifié le lundi pour s’inscrire au tableau de compétition et il est allé jusqu’à gagner le tournoi! Sur sa lancée, il a accumulé les bons résultats et a terminé la saison dans le top 30, avec inscription au Championnat du Circuit à la clé. En fin de saison, il avait récolté 2,9 millions de dollars en bourses officielles, ce qui le classait au 26e rang du classement de la Coupe FedEx Cup. Une position qui l’exempte pour le PGA TOUR la saison prochaine et qui le rend admissible à tous les tournois sur invitation, au Championnat des Joueurs et aux tournois majeurs. Bravo Corey!

Trophée «Je n’ai pas dit mon dernier mot»

Vous croyez peut-être que la victoire de Tiger Woods au Tournoi des Maîtres lui vaudrait d’emblée ce trophée, mais à 43 ans, même tributaire de la dextérité de son chirurgien, le Tigre pourrait encore nous surprendre. Phil Mickelson, cependant, qui pourrait aussi mériter le trophée du lapin Energizer si seulement Bernhard Langer le laissait aller, s’est repris en main pour remporter un autre trophée lorsqu’il a conquis le titre du Pro-Am AT&T de Pebble Beach pour une cinquième fois. L’exploit était d’autant plus remarquable qu’on se demande combien de carburant le golfeur de 48 ans a encore dans son réservoir, et Pebble Beach était aussi le site de l’Omnium des États-Unis, seul majeur que Phil doit encore gagner pour réussir son grand chelem personnel. Malheureusement, sa victoire de février à Pebble Beach n’a pas eu d’écho en juin. Nous pouvons quand même féliciter M. Mickelson: à cet âge, toute victoire est exceptionnelle.

Trophée «Enfin!»

Lorsque Charles Howell III est devenu golfeur professionnel en 2000, on voyait en lui un futur grand champion. Avec son élan fluide et les distances au-delà de la moyenne qu’il atteignait, le jeune gars d’Augusta en Géorgie était des plus prometteur. Chuck a remporté sa première victoire en 2002, puis une autre est venue en 2007. Entretemps, il parvenait assez souvent à se classer dans les pelotons de tête pour rester dans la course aux trophées. Sa carrière sur le circuit se résumait à une série de positions d’aspirant et des gains totalisant plus de 35 millions de dollars, sans autre victoire jusqu’à l’automne dernier. Puis, à la Classique RSM, il a finalement réussi à percer et à prouver qu’il avait encore sa touche magique. L’écart de 12 ans entre ses deux victoires n’est peut-être pas un record, mais presque.

Trophée «Stupidité»

Quand Sergio Garcia a remporté le Masters en 2017, d’aucuns ont fait remarquer qu’il était devenu un golfeur plus adulte et patient. Son récent mariage avait peut-être adouci le tempérament bouillant de l’Espagnol. Eh, bien, il semble que ce n’est pas le cas. Les nombreuses crises de colère qu’il a faites depuis ont rendu Sergio plus célèbre pour son mauvais comportement que pour ses exploits golfiques. La dernière séquence d’éclats a commencé au Saudi International en février, où Garcia s’est emporté dans une fosse de sable avant de se faire disqualifier. Le mois suivant, au Championnat en parties par trous WGC, Matt Kuchar n’ayant pas concédé un petit roulé assez rapidement au goût de Sergio, celui-ci a frappé sa balle avec dépit – et raté la coupe. S’est ensuivie une confrontation disgracieuse avec Kuchar. À l’Omnium britannique, Sergio a frappé un coup de départ hors limites de l’allée facile à atteindre du 5e trou au Royal Portrush et, par frustration, il a lancé son bois de départ à son cadet qui ne l’a pas vu venir. La motte creusée dans le tertre de départ la semaine suivante à Memphis complète cette dernière série d’écarts de conduite de Garcia. Ce trophée devrait s’accompagner d’une pénalité à la hauteur des délits – quelques mois sur le banc, par exemple.

Trophée «Duel au soleil»

Ce trophée évoque l’affrontement épique de Jack Nicklaus et Tom Watson à Turnberry pour le titre de l’Omnium britannique 1977. Au fil des ans, d’autres duels mémorables ont eu lieu, comme celui de Mickelson et Henrik Stenson au Royal Troon en 2016, et celui de Garcia et Justin Rose au Tournoi des Maîtres 2017. Ces matchs classiques se disputent presque toujours sur de formidables parcours dans le cadre de tournois majeurs. Cette année, le meilleur face-à-face a eu lieu sur le magnifique terrain de Pebble Beach, alors que la favori des parieurs Brooks Koepka a tenté de tenir la cadence face au futur champion de l’Omnium des États-Unis Gary Woodland. Bien joué, messieurs!

Trophée «Tigermania 3.0»

C’est le trophée de Tiger Woods, naturellement, lui qui a amorcé son plus récent retour au jeu après quatre opérations au dos et on ne sait combien d’interventions aux genoux pour remporter une victoire surprenante au Championnat du Circuit 2018. Au Tournoi des Maîtres, le Tigre a pris position et attendu patiemment tandis que la plupart des aspirants sérieux au titre faisaient saucette dans Rae’s Creek. Quand il a enfilé son veston vert, ses fans ont cru que le bon vieux Tigre d’antan était revenu. Or il s’avère que c’était juste un vieux Tigre qui allait jouer rarement durant le reste de la saison sans connaître le succès, avant d’annoncer une autre intervention au genou le lendemain du Championnat du Circuit.

Trophée «Peut-être pas un aussi bon gars que ça, après tout»

Matt Kuchar a la réputation d’être un des bons gars du circuit. Toujours souriant, Matt est populaire auprès des amateurs de golf et des autres joueurs, aussi. C’est pourquoi tout le monde a été surpris quand il s’est montré pingre pour son cadet à la Classique Mayakoba en novembre dernier. Chaque histoire se raconte d’au moins deux points de vue, mais personne ne sort gagnant de celle-ci. Le cadet attitré de Kuchar devant prendre congé durant la semaine du tournoi, le joueur a dû embaucher un cadet de l’endroit, moyennant 4 000$ pour la semaine. Lorsque Kuchar a triomphé, récoltant la bourse de 1,3 million de dollars, il a offert un boni de 1 000$ à son cadet de la semaine. Ce dernier estimait cependant qu’il méritait une plus grande part des gains du vainqueur, mais Kuchar n’était pas d’accord, affirmant que: «Un contrat, c’est un contrat.» Finalement, quelques membres plus raisonnables de l’entourage du golfeur ont fait valoir leur point de vue et le cadet a eu droit à 50 000$, beaucoup moins que les 10% de la bourse qui sont la norme dans ces cas-là. Dans le brouhaha médiatique qui a suivi, Kuchar a eu l’air d’un pingre mesquin – grosse tache l’image du bon gars.

Trophée «Sourires irlandais»

Belle année pour les Irlandais. Avec le retour de l’Omnium britannique en Irlande du Nord pour la première fois depuis 1951, on avait bon espoir de voir un gars du coin remporter son championnat national. Rory McIlroy est arrivé au tournoi fort de son deuxième rang au classement mondial et d’une victoire au Canada. De plus, il détenait le record de parcours du Royal Portrush. Dans son sillage, il y avait Graeme McDowell, qui a grandi à Portrush et joué ce parcours des milliers de fois, et Darren Clarke, un golfeur plus âgé qui a remporté le fameux pichet de bordeaux en 2011. D’autres joueurs d’élite de la République d’Irlande figuraient aussi parmi les favoris de l’île. Quand McIlroy est tombé sous le couperet, vendredi, ces espoirs ont semblé s’évanouir, mais durant les deux jours suivants, Shane Lowry s’est hissé en tête du tableau et ne l’a jamais échappée. Le commentateur de golf David Feherty, un autre fier Irlandais, a dit que c’était le moment le plus bruyant de l’histoire du golf et d’une rive à l’autre, l’île d’émeraude était tous sourires.

Trophée «Joueur de l’année»

Il y en a qui estiment que c’est à Tiger Woods que revient ce trophée pour son émouvante victoire à Augusta, mais pour ce trophée, il faut tenir compte de toute la saison et pas seulement d’un tournoi mémorable. L’année 2019 nous a offert des tas de hauts faits et de souvenirs inoubliables, mais au final, deux golfeurs méritent le titre de Joueur de l’année: Rory McIlroy et Brooks Koepka. McIlroy a récolté trois victoires (Players, Omnium canadien RBC, Tour Championship) et 14 finales dans le top 10 en 19 départs. Il n’a pas gagné de tournoi majeur et a conclu sa saison au 2e rang mondial. Koepka a aussi trois victoires à son actif cette saison (CJ Cup at Nine Bridges, PGA Championship, WGC FedEx St. Jude Invitational) et il s’est classé dans le top 10 neuf fois en 21 départs, y compris dans le top 4 aux quatre tournois majeurs. Il a défait McIlroy en duel à Memphis et terminé sa saison no 1 du golf mondial. McIlroy a pris sa revanche au Tour Championship lorsqu’il a dépassé Koepka en ronde finale pour conquérir le titre et la bourse de 15 millions de dollars. Un majeur et un titre WGC valent-ils plus que le Players et le Tour Championship? Difficile à dire, mais comme nous n’aimons pas les égalités, nous décernons le trophée du Joueur de l’année à Rory McIlroy.

Peter Mumford est rédacteur en chef de Fairways Magazine. Suivez-le sur Twitter @FairwaysMag